Friday, June 24, 2005

Première double-négation nishidienne de mon signe d'air

Regardons ensemble. Chaque lettre comme une secousse, les grelots du vent meurtrissent les minutes éparpillées, ça me fait beaucoup rire.
Chantons ensemble, et levons nous, avant que ta mêre ne soit née, c'est de l'ocre, c'est du vermillon ? sont-ce tes lèvres ou bien un amas de buildings en flammes, un amas de rues où le bitume se mélange aux peaux mortes, et peint un body-dripping, hanabi.
Traînons la patte, les canons ne nous atteignent pas, il doit y avoir un sens, nous ne somme plus là...
Une demoiselle, avec une poussette, trébuche au coin de la rue: je la regarde: elle ricane. Un manchot, remuant l'air de son moignon, jonglant avec les mouches: je le regarde: il ricane. Un gamin en veston, aide ses soeurettes à traverser la route. Il traîne sond lourd cartable, et me regarde: il crache toutes ses dents, et rit encore.
Ses incisives se sont fixées sur ma gorge, et gigottent, prises des spasmes du mort-né.
Mais c'est agréable, qu'allez vous chercher là ! Même dans une rue droite, je flotte, je glisse, on se blesse aux parois, on s'égratigne, quoi d'étonnant à une telle vitesse ? J'avais un lacet de cuir dans la bouche. Que venait-il faire là ? J'ai dit "nous" comme j'aurai pu dire "toi", c'est égal, je suis pire qu'antispéciste. Je suis anti-forme, je suis anti "moi". Comme je suis retourné, hier au sein même du marbre, pour y voir tout ceux que j'aime, en l'état.
Ce n'est qu'une marche, peut être.
Dans un désert de signes, entre les atomes, j'ai vu leur silhouette au fusain, des petits êtres flous, et j'ai reconnu mon visage, mêlé au tien. J'ai reconnu la ligne du regard dans ces rainures de marbre, c'est pareil, c'est un kanji ou la boucle d'un doigt.
J'ai failli mourir juste au rebord qui signe la peau de l'air.

Wednesday, June 22, 2005

Antiéclipse des lèvres parcellaires

S'étant (entre-peaux)
couché sur le galbe,
caresse n'est plus soie
D'éther les têtes mortes qui s'enroulent sur mes disques
de fer
Elle repousse, floraison magnifique, à travers les joues poudrées des femmes d'affaires,
c'est une occupation sensible! les outres au sirop de malveillance, prude, indications furtives d'une césure charbonneuse, serrant le puits de son demi-regard
déchirant les chairs patientes.
Contact un instant trop rapide, de son cou dans la paume de ma main de sang.

sceptre de paume au motif solaire blanchi

prends donc le temps de me dire ce que je te reproche; comme tu fuis le centre vide...
ce n'est que moi qui y aspire
Sens donc !
tout s'effondre, il n'est nulle part question de plaisir...
un vaisseau de guerre de l'armée impériale belge fend les nuages expressionistes, et pique droit sur nous
sa langue de serpent hurle un sifflement de haine

vide/grenier

J'exècre la puissance nihiliste et sourde des étagères du diable
qui posent les petits vases vernis, les flacons d'humeurs savamment divisés,
aux côtés des oeuvres complètes du ventricule otto muehl qui se brise ici,
retournant dans le surplus des monstres
J'exècre cette voix d'écharde et ses bourgeons d'hippocampe,
chacun muni d'un crâne démesuré
qui me regarde fixement

obturateur polaire (un chant d'amour fugace)

Que je vous porte sur mon dos
Que je traverse avec vous
le lac de feuillages
le lac d'ozone
Que je survole les tiges menaçantes
Le ventre ouvert
Les tripes clouées au sol
Pendant que votre visage noir de suie
Me dévore les oreilles